10 Octobre 2018

Intervention de S. Exc. Monsieur Alexander Kouznetsov, Chef de la Délégation de la Fédération de Russie, à la 205ème session du Conseil exécutif de l’UNESCO


Traduction non officielle du russe


 


 


Monsieur le Président,


 


Madame la Directrice générale,


 


Madame la Présidente de la Conférence générale,


 


Mesdames et Messieurs les membres du Conseil exécutif,


 


 


 


Les relations internationales traversent une phase historique difficile: l'imprévisibilité générale augmente, l'espace d'interaction constructive se rétrécit.


 


Dans ce contexte, la communauté internationale a plus que jamais besoin d’une organisation telle que l’UNESCO qui était toujours un lieu de dialogue équitable, où règne la culture du consensus, et dont sont absents le dictat idéologique ou la domination de tel ou tel groupe de pays.


 


C’est à partir de telles positions que la question cruciale de la réforme de l’Organisation doit être abordée. Le rôle déterminant dans la définition de la direction stratégique du développement de l’UNESCO revient à la Conférence générale et au Conseil exécutif. Leurs prérogatives doivent être respectées. Nous espérons que la Directrice générale soumettra aux Etats membres des propositions consolidées visant à améliorer les activités de programme sous la forme d'une conception globale. En même temps, l’adaptation de l’UNESCO aux défis de notre temps ne doit pas conduire à l’érosion du mandat principal de l’Organisation et à la duplication des activités d’autres organismes des Nations Unies.


 


Le monde a besoin de l'UNESCO là où aucune autre organisation ne peut la remplacer. Nous considérons la mise en œuvre de la Stratégie pour la protection de la culture et la promotion du pluralisme culturel en cas de conflit armé comme l'un des domaines les plus pertinents. L’Organisation a lancé un projet visant à faire revivre la vieille ville de Mossoul. Il n’est pas moins urgent de restaurer le patrimoine culturel de la Syrie. Nous appelons l'UNESCO à participer à la restauration des monuments de Palmyre et d'Alep détruits par les terroristes. Les scientifiques russes ont effectué d'importants travaux préparatoires. Leurs efforts ont permis de créer un modèle de paysage 3D du site de Palmyre. Le Musée d’Etat russe l’Ermitage est prêt à accueillir pour un stage un groupe de restaurateurs syriens. Nous attendons de l'UNESCO qu'elle prenne des mesures concrètes pour la mise en œuvre du Mémorandum sur la protection et la restauration des biens culturels dans les zones de conflit, en particulier au Moyen-Orient, signé en octobre 2017 entre l'Organisation et l'Hermitage.


 


La discussion lors de cette session des décisions sur la proclamation de la Journée internationale des mathématiques et le développement de la coopération avec SESAME constitue une bonne base pour le renforcement de la coopération dans une sphère aussi traditionnelle pour l'UNESCO que celle des sciences naturelles. Le format de la célébration en 2019 de l'Année internationale du tableau périodique des éléments chimiques Mendeleev se concrétise déjà. Cela offre à l'UNESCO de larges possibilités de vulgarisation scientifique et d'attrait de nouveaux partenaires.


 


La Russie soutient, y compris par les moyens organisationnels et financiers, le programme sportif et celui de l’antidopage de l'UNESCO. Nous saluons les efforts visant à mettre en œuvre le Plan d'action de Kazan, le renforcement du rôle du Comité intergouvernemental pour la culture physique et le sport (CIGEPS), ainsi que du potentiel intergouvernemental de la Convention internationale contre le dopage dans le sport.


 


Nous sommes convaincus de la nécessité de renforcer l'action de l'UNESCO dans le domaine de l'information. Nous nous sommes préoccupés par la tendance liée aux tentatives de certains pays, sous prétexte de la lutte contre les fake news, de restreindre la liberté d'expression, de créer des listes « blanches » et « noires » qui divisent les médias en « bons » et en « mauvais ».


 


Monsieur le Président,


 


Nous considérons que l’UNESCO devrait adopter une position plus ferme dans les cas de violations flagrantes de ses textes normatifs. Il s’agit de l’Ukraine et de la Lettonie qui sont parties à la Convention de l’UNESCO contre la discrimination dans l’éducation. Ces États ont fortement limité l'accès des minorités nationales à un enseignement dans leur langue maternelle, ce qui mène à une escalade des tensions interethniques. Nous attendons de l'UNESCO une évaluation publique et objective de telles agissements.


 


En conclusion, je voudrais me référer aux paroles de M. Sergueï Lavrov, Président de la Commission nationale russe pour l'UNESCO, Ministre des affaires étrangères de la Fédération de Russie, qui, en prenant tout récemment la parole devant l'Assemblée générale des Nations Unies, a exprimé l'espoir que la "culture de dialogue mutuellement respectueux va, à la fin de compte, prendre le dessus". La Russie y contribuera de toutes les manières possibles, tant à l’UNESCO que dans d’autres enceintes internationales.


 


Merci de votre attention.