16 Avril 2013

Intervention de S.E.Mme Eleonora Mitrofanova, Ambassadeur, Déléguée permanente de la Fédération de Russie auprès de l’UNESCO lors de la 191e session du Conseil exécutif


Madame la Présidente du Conseil exécutif,

Madame la Directrice générale,

Mesdames et Messieurs,

Permettez-moi tout d’abord au nom de la Fédération de Russie de transmettre nos condoléances aux familles et proches des victimes des attentats à Boston.

Aujourd’hui nous ressentons avec force à quel point la civilisation humaine est fragile et nous en recevrons des avertissements régulièrement – les conflits politiques qui menacent de basculer et de se transformer en affrontements armés, des catastrophes naturelles de grande ampleur.

La Fédération de Russie a déterminé une rédaction de nouveau concept de politique étrangère qui crée un système claire et complet permettant de mobiliser les efforts collectifs de la communauté internationale afin de trouver une réponse à tous ces défis.

Nous devons mettre l’accent sur le dialogue qui se fonde sur des positions intellectuellement honnêtes sans tenter de prendre le désir pour la réalité. À Moscou nous sommes persuadés que les positions de la majorité des acteurs internationaux ont beaucoup plus d’éléments communs que d’éléments divergents.

Mesdames et Messieurs,

L’ordre du jour de la 191e session du Conseil exécutif est plus dense que celui des sessions précédentes. Nous devons discuter de nombreuses questions, les principales étant le projet de Programme et de budget de l’Organisation ainsi que le projet de Stratégie à moyen terme pour les huit années à venir.

Je souhaite m’associer aux orateurs précédents qui ont fait part de leur satisfaction du travail effectué par la Directrice générale et le Secrétariat sur ces documents. Je souhaite souligner le fait que la Fédération de Russie appuie pleinement les efforts déployés par la Directrice générale, les actions qu’elle a entreprises afin de réformer l’Organisation en cette période financière difficile.

Nous allons discuter et mettre au point les projets de Programme, de budget et de Stratégie. Il s’agit de renforcer tous les éléments positifs déjà mis en Suvre ces dix-huit derniers mois. Pour que notre travail soit constructif il est nécessaire de nous concentrer sur les fonctions statutaires du Conseil exécutif, à savoir, élaborer des recommandations pour la Conférence générale, recommandations sur les documents de programme de l’Organisation. Il est également souhaitable de ne pas dépasser ce cadre, de ne pas tomber dans la microgestion et de ne pas mêler des domaines de compétence de la Directrice générale et du Secrétariat.

Nous évaluons très positivement les documents de base – le 37/C4 et le 37/C5, nous appuyons les deux priorités – Afrique et l’égalité des genres – et nous souhaitions que l’accent soit d’avantage mis sur la jeunesse, parce que toute l’action menée par l’UNESCO vise par essence à accroître le potentiel des jeunes générations.

La Fédération de Russie appuie le voie décrit dans le projet de Programme et de budget qui met l’accent sur les efforts dans les domaines prioritaires – à savoir, l’éducation qui joue un rôle essentiel pour le développement durable et transformation sociale et l’élimination de la pauvreté.

Je souhaite à cet égard citer l’initiative du Secrétaire général des Nations Unies – «Education avant tout». Le rôle de coordinateur de tous les efforts déployés par les États membres sera joué par l’UNESCO et l’UNESCO doit continuer de rechercher les moyens permettant de réaliser les objectifs de l’«Education pour tous».

Il est difficile d’approuver le transfert des programmes en matière de communication et d’information parce qu’il s’agit de deux choses complètement différentes.

Dans le cadre de Grand programme II - à savoir, la Science au service de développement durable - nous proposons de renforcer la Commission océanographique internationale ainsi que tout le travail sur la problématique de l’eau et là nous insistons sur le rôle particulier joué par l’UNESCO au sein du système des Nations Unies. Nous souhaitions qu’il y ait un nouveau concept de la sécurité de l’eau.

De plus, pour ce qui est de la paix et du développement durable l’UNESCO doit jouer le rôle de chef de file dans la mobilisation de la communauté scientifique afin que de nouvelles approches, de nouvelles idées soient trouvées pour relever le défi pour un véritable avenir durable.

Pour ce qui est de Grand programme III - à savoir, l’Inclusivité sociale et le dialogue interculturel - nous pensons que les perspectives sont bonnes pour ce qui est des approches présentées relatives aux différents aspects éthiques dans toutes les activités de l’homme. Il faut travailler avec les jeunes, il faut également lutter contre le SIDA et le dopage dans le sport. Et nous espérons qu’une place digne sera accordée à la philosophie et à la Journée de la philosophie dans le programme.

Nous ne comprenons pas très bien comment sera organisé le Centre sur les transformations sociales et le dialogue interculturel au sein du Secteur. Nous avons besoin ici d’éclaircissements supplémentaires y compris financiers.

La culture est sans aucun doute une ressource inestimable pour le développement durable pour notre planète. Les valeurs culturelles sont extrêmement vulnérables notamment dans le contexte de turbulence sociale et politique où lors des conflits armés. Il y a très peu, nous avons été les témoins de la destruction du patrimoine historique au Mali et la ville d’Alep était pratiquement détruite. Il y a des pillages barbares et incontrôlés dans les musées dans les zones de conflits. Il y a également les déplacements transfrontaliers d’objets aux grandes valeurs historiques et culturelles. Cela ne peut que nous préoccuper. Il faut ici maintenir le cap. Il faut que nous poursuivions le travail relatif à la Convention sur le patrimoine mondial. Il faut réfléchir aux mesures possibles que l’Organisation pourrait les mettre en Suvre afin de minimiser les conséquences de tels événements.

En ce qui concerne le Programme V il serait une erreur de le limiter au simple respect de liberté de la presse et au travail sur les sources.

Pour nous il ne fait aucun doute qu’il faut préserver les grandes orientations dans les programmes-phares et de renforcer le Secteur de la communication et de l’information au sein de structure de l’UNESCO. À notre avis, toutes les questions liées avec le développement et l’application de TIC présentées dans les documents et dispersées parmi les différents services doivent être concentrées sous sa compétence.

En ce qui concerne la réforme de l’Organisation j’aimerais ajouter quelques mots sur un des aspects des activités de l’UNESCO dont le problème de l’économie des moyens exige une approche particulière. Il s’agit de l’utilisation des six langues officielles de l’Organisation, notamment lors des manifestations statutaires dans lesquelles aux experts nationaux appartient un rôle essentiel. Pour la plupart de ces spécialistes l’interprétation dans leur langue maternelle est une condition nécessaire de leur participation efficace à ces travaux.

Il nous semble que beaucoup d’États membres sont préoccupés par la question des langues. Nous partageons leur inquiétude.

Nous espérons que lors de cette session du Conseil exécutif nous pourrons mettre au point les documents de base présentés compte tenu les propositions prononcées au cours des discussions.

Je vous remercie.