29 Février 2012

L'intervention de Mme Eleonora Mitrofanova, Déléguée permanente de Russie auprès de l’UNESCO, Présidente du Comité du patrimoine mondial a la 189-ème session du Conseil exécutif de l'UNESCO


Madame la Présidente du Conseil Exécutif,
Madame la Directrice Générale,
Mesdames et Messieurs,

Avant tout, je voudrais vous saluer au nom de la délégation de la Fédération de Russie et vous souhaiter un travail fructueux pour le bien de nos pays et de l’UNESCO.

Je suis d’accord avec la Directrice Générale Mme Irina Bokova – on se réunie dans cette sale aujourd’hui dans les temps très difficiles pour l’Organisation. Madame la Directrice Générale, vous avez annoncé que “l’année 2011 serait une année de défis pour l’UNESCO” et pour le monde entier : le monde change vite et l'UNESCO fait partie de ces changements. L'an 2012 représente pour nous la possibilité de renforcer nos efforts afin de satisfaire nos attentes. Comme vous l'avez dit “cette situation détresse, situation très difficile nous permet de renouveler, cela représente une occasion en or pour renforcer nos activités en matière de réforme pour montrer notre spécificité et éliminer les difficultés”.

Aujourd’hui nous avons besoin de nouvelles solutions et d’idées avancées et surtout originales. Malgré cette période difficile dans histoire de l'UNESCO, son rôle et son potentiel ne présente aucun doute – ceci a été confirmé par la 36ème session de la Conférence générale de l'UNESCO.

D’après nous, l’UNESCO ne peut pas représenter une agence d’aide au développement. L’UNESCO doit devenir une organisation efficace du système des Nations Unies pour le développement du potentiel dans les États-membres dans le domaine de ses compétences. Nous devons apprendre à agir d'une manière adéquate dans un contexte international de plus en plus difficile.

Au vu de la situation économique actuelle, et de la nécessité des réformes de l'UNESCO, nous devons essayer de libérer l'Organisation d’un certain nombre d'idées et de projets déjà réalisés, ou qui ne possèdent plus de perspective historique. En outre, nous espérons que le Secrétariat nous proposera au future proche le programme de coopération avec les autres départements, institutions et fonds du système des Nations Unies. Cela permettrait de réestimer les activités et le rôle de l’UNESCO pour la communauté internationale et le système des Nations Unies en particulier. Cela permettrait de - selon la formule consacrée de “faire plus avec moins de moyens“ - mieux utiliser les moyens de financement présentés par les États-membres.

En ce qui concerne notre pays, depuis son adhésion à l'UNESCO la Russie a toujours était pour la coopération entre les États-membres afin de résoudre les problèmes actuels, nous avons toujours souhaité prendre des décisions par consensus et en dehors du contexte politique. Nous n'avons jamais créé le moindre problème à l'Organisation, nous nous sommes toujours acquitté de nos obligations financières en temps voulu, même lorsque nous étions dans la situation financière la plus délicate.

Je voudrais également mettre en relief ce fait que le gouvernement de la Fédération de Russie s'est acquitté de sa contribution pour 2012 au mois de janvier. Et j'espère que ces efforts, ainsi que nos autres activités, aideront l'UNESCO garder haut niveau d’efficacité de ses programmes.

Comme vous vous souvenez au début des années 1990 notre Organisation a vécu déjà une situation de crise. C'est à ce moment-là quand on a reçu beaucoup de critiques concernant l’activité de l’UNESCO, mais comme nous le savons tous, les États-membres en coopération avec le Secrétariat ont réussi de sortir de cette situation difficile. D'après tous ceux qui a travaillé au sein de l'Organisation pendant cette période - c'était les temps particulièrement difficiles mais en même temps les plus productifs et les plus fructueux.

Je suis persuadée que nous allons en sortir ; pour cela nous avons besoin de discipline interne, la réorganisation et les réformes structurelles et peut être même de la réorientation de notre Organisation. Le plus important est de chercher à obtenir des résultats concluants concernant l'activité des programmes, en les évaluant et en assurant un suivi régulier.

A cet égard je voudrais citer un document de la 33ème session de la Conférence Générale consacré au future rôle de l’UNESCO. Ce document met en exergue la nécessité de sauvegarder la viabilité et l'efficacité de l'Organisation, ainsi que d’élargir ses pouvoirs dans la coopération internationale sur des domaines de sa compétence: l’éducation, les sciences humaines et sociales, la communication et l'information.

Nous ne devons pas oublier nos anciennes initiatives, surtout celles qui ont du potentiel. Nous devons considérer la possibilité de revenir aux consultations collectives visant à définir le rôle et la mission de l’UNESCO au XXI siècle. La détermination des priorités c’est une tâche, sans doutes, la plus difficile, c'est pourquoi il très important de prendre en compte tous les intérêts de l’ensemble des États-membres de l’Organisation.

Nous sommes sûrs, que l’UNESCO a haut potentiel et c’est pourquoi nous comptons sur la haut niveau de la participation de l’Organisation et des États-membres à la Conférence mondiale des Nations unies sur le développement durable (Rio+20) au Brésil.

Nous saluons le Projet de Plan stratégique présentée par la Directrice générale (la feuille de route) qui s'appuie sur les trois grands principes: le suivi de la réalisation des programmes et le maintien du rôle de leader de l’UNESCO; la recherche de nouvelles sources de financement supplémentaires, et de nouveaux moyens d’économie; l’augmentation de l'efficacité et le changement de la méthode de travail - le contrôle vertical doit être remplacé par la responsabilité individuelle.

Aujourd'hui nous sommes tous au courant de la situation humanitaire très compliquée en Syrie. Notre mission la plus importante pour l’instant est de mettre fin plus vite possible à toute forme de violence sans mettant en relief son source.

Grâce au travail des diplomates Russes la Syrie a commencé le dialogue avec les organisations humanitaires internationales. En même temps nous n'avons pas remarqué des gestes similaires de la part de la rébellion armée.

Nous croyons que aujourd'hui la meilleure solution de ce problème est d’aider la Syrie à gérer la crise elle-même. Si la communauté internationale veut assurer la paix civile – pour la Russie cela représente l’objectif primordial - il est indispensable de faire entendre raison de toutes les parties de ce conflit.

A cet égard on ne pense pas que l’UNESCO représente une bonne arène pour discussion de la question syrienne, surtout si prendre en compte que dans le domaine de compétence de l'UNESCO n’existe pas le règlement indispensable pour résoudre les questions de ce niveau, ça veut dire ce n’est pas finalement claire comment on peut discuter les questions de ce type.

Et pour terminer sur une note optimiste je voudrais rappeler que le 26 janvier dernier Madame Irina Bokova lors d'une rencontre avec les délégations permanentes avait souligné que “c'est aujourd'hui que nous avons la possibilité de créer une organisation plus forte, d'arriver à des résultats plus élevés conformément au mandat ambitieux de l'UNESCO. Notre but est d’améliorer l’UNESCO“. Nous partageons ce point de vue.

Merci beaucoup.