8 Mai 2011

Allocution d’ouverture de Mme Eleonora Mitrofanova, Présidente du Conseil exécutif de l’UNESCO a la 186e session du Conseil exécutif, éance plénière d’ouverture


186e session du Conseil exécutif
Séance plénière d’ouverture

Allocution d’ouverture de S. E. Mme Eleonora Valentinovna Mitrofanova, Présidente du Conseil exécutif de l’UNESCO
Siège de l’UNESCO, Paris, 9 mai 2011

Excellences, Mesdames, Messieurs, bonjour,

Avant que nous commencions les travaux de cette session, permettez-moi d’accueillir chaleureusement les nouveaux représentants au Conseil de la Côte d’Ivoire, de l’Égypte, d’El Salvador, de l’Espagne, de la France, de la Grèce, de Madagascar, de la Malaisie, du Pérou, du Sénégal, de la Syrie et de la Tunisie. Je suis sûre que nos nouveaux collègues manifesteront, comme nous le faisons tous dans nos tâches quotidiennes, un profond attachement aux idéaux de l’UNESCO, en participant activement aux efforts déployés par ses organes directeurs pour poursuivre ses objectifs importants et progresser dans la réalisation des objectifs de développement convenus au niveau international, dans un esprit de coopération et de consensus. Je souhaite donc à tous la bienvenue à cette 186e session du Conseil exécutif, que j’ai le plaisir de déclarer ouverte !

Chers collègues,

D’ici à la 36e session de la Conférence générale, deux sessions importantes nous attendent ; celle-ci a, de loin, le calendrier le plus chargé. Nos engagements dans les domaines de compétence de l’UNESCO demeurent nombreux et très divers et, alors qu’ils s’inscrivent dans la durée, nous devons aussi faire face en permanence aux nouveaux défis qui surgissent dans le monde et montrer notre aptitude, en tant qu’organisation, à nous adapter de façon constructive dans notre marche résolue vers l’avenir.

Chers collègues,

Je tiens à vous rappeler que la 186e session du Conseil exécutif s’ouvre le jour où la Russie et les pays de la CEI célèbrent, comme hier l’ensemble de l’Europe, le Jour de la Victoire, date à laquelle s’est achevée la Seconde Guerre mondiale. C’est le jour où nous honorons la mémoire des vétérans et de tous ceux qui ont péri en combattant le fascisme. Et c’est précisément pour éviter, à l’avenir, que des guerres aussi destructrices se reproduisent qu’ont été créées l’ONU et notre Organisation, dont la principale mission est d’enraciner l’idée de paix dans l’esprit des gens.

Je propose d’observer une minute de silence pour honorer la mémoire de ceux qui ont été tués au cours de la Seconde Guerre mondiale.

J’ai été frappée, ces dernières années, par le nombre de représentants d’États membres, de collaborateurs du Secrétariat, de personnalités mondiales et de beaucoup d’autres qui ont évoqué, devant moi, la mission de l’UNESCO, sa nécessité et son importance. Cette mission est aujourd’hui tout aussi actuelle qu’elle l’était il y a 66 ans. Depuis la dernière session du Conseil exécutif, le monde a connu d’importants bouleversements sociaux, politiques, économiques et culturels, qui sont l’expression de la volonté qu’ont les peuples du monde de poursuivre sur la voie de la liberté et du développement. Ces événements touchent souvent des domaines de l’activité humaine étroitement liés aux objectifs de notre Organisation. Dans ce contexte, il faut, bien entendu, que le processus de paix et les principes universels afférents aux droits de l’homme prévalent sur les risques ou faits de violence que connaît, dans chaque période de transition, même vers la démocratie, tout peuple ou pays. La gloire passée et l’honneur futur de chaque État dépendent fortement de l’humanité et de la dignité dont toutes les parties font preuve dans la recherche de la réconciliation. C’est pourquoi je voudrais appeler à engager des réformes progressives pour créer des sociétés pacifiques et stables fondées sur une large participation. Cela s’applique à tous les pays et à toutes les régions. Je suis persuadée que l’UNESCO, grâce à son expérience et à ses nombreux réseaux, y contribuera pleinement et à tous les niveaux.

On ne peut que constater le rôle croissant que les jeunes jouent dans nos sociétés et la façon dont cela coïncide avec l’utilisation croissante des outils de communication dans le monde. J’observe avec satisfaction que l’UNESCO a engagé une vaste réflexion à long terme sur le développement et la signification de l’Internet dans le cadre de son mandat, qui est de promouvoir la liberté d’expression, l’accès de tous à l’information et au savoir, et l’instauration d’une culture de la paix.

Chers amis,

Si la lutte contre la violence et la « guerre dans l’esprit des gens » est, pour l’UNESCO, une obligation constitutive incontestable et claire, nous ne devons pas, non plus, oublier la réponse collective que nous devons apporter aux catastrophes naturelles éminemment imprévisibles, et qui est un élément essentiel de l’activité multidisciplinaire que l’Organisation mène au jour le jour. Le vaste élan de solidarité qui s’est exprimé en faveur du Japon suite au séisme dévastateur, au tsunami et au grave incident nucléaire qui se sont produits récemment, ainsi qu’en faveur du Pakistan, des Etats-Unis d’Amérique et de la Thaïlande suite aux inondations sans précédent qu’ils ont subies, symbolise la capacité qu’a le monde de mobiliser ses efforts, des individus aux institutions internationales. Aucune personne ni aucune organisation ne peut, à elle seule, vaincre les cataclysmes naturels. Cependant, le système des Nations Unies dans son ensemble est capable de mobiliser le potentiel de la communauté internationale afin de prévenir les catastrophes naturelles et amoindrir leurs conséquences. L’UNESCO y tient un rôle tout à fait spécifique. C’est pourquoi nous devons réfléchir sérieusement aux moyens de renforcer la capacité d’exécution de la Commission océanographique intergouvernementale.

Mesdames et Messieurs,

J’aimerais maintenant appeler votre attention sur la complexité des tâches confiées au Conseil à la présente session. En effet, sont inscrits à son ordre du jour des points aussi cruciaux que l’examen du Projet de document 36 C/5 concernant le Programme et budget pour 2012-2013, qui devrait accroître l’impact de l’Organisation en la rendant plus réactive, proactive et efficace. Les recommandations du Conseil à cet égard seront transmises à la Conférence générale lors de sa prochaine session pour approbation. Il est normal que nous nous intéressions également de très près au rapport du Conseil exécutif sur la mise en Suvre du 35 C/5 et sur les résultats obtenus à ce stade de l’exercice en cours puisqu’il incombe notamment au Conseil de faire rapport à la Conférence générale sur ce sujet. Le Conseil examinera aussi divers autres points importants concernant l’organisation de la prochaine session de la Conférence générale ainsi que la Stratégie de l’Organisation en matière de ressources humaines, sa réforme du dispositif hors Siège et l’évaluation externe indépendante, pour n’en mentionner que quelques-uns.

Vous vous souvenez que par une décision spéciale prise lors de la dernière session, nous avons décidé de créer un Groupe de travail ad hoc chargé d’examiner les recommandations que contient le rapport relatif à l’évaluation externe et de faire au Conseil à la présente session des recommandations les concernant. Je sais que le Groupe a accompli un travail considérable pendant l’intersession et aimerais en remercier et féliciter tous ses membres et les nombreux observateurs qui ont apporté au Groupe de très précieuses contributions. Nous examinerons les résultats des travaux du Groupe, publiés dans le document 186 EX/17, qui comprend une série de recommandations très intéressantes et très importantes. Nous aurons également le plaisir d’entendre le rapport oral de la Présidente du Groupe, Mme Vera Lacoeuilhe, de Sainte-Lucie, qui a remarquablement dirigé cette épineuse tâche, ce dont nous la remercions chaleureusement.

Je me réjouis par ailleurs que le Conseil exécutif examinera en détail le rapport sur les activités menées pour célébrer 2010 Année internationale du rapprochement des cultures et formulerai quelques recommandations permettant de prolonger au-delà d’une année l’élan ainsi imprimé, car à mes yeux le rapprochement doit toujours être considéré comme un processus et non comme une réalisation en soi.

En ce qui concerne les questions relatives au Moyen-Orient et, plus généralement, tous les points de l’ordre du jour sur des questions de fond, ma responsabilité en qualité de présidente du Conseil consiste d’abord et avant tout à préserver le consensus et à trouver le terrain d’entente qui puisse garantir la prise de décisions qui soient bonnes et susceptibles d’être mises en Suvre.

Je suis persuadée que vous ferez preuve du même esprit de compréhension mutuelle et de coopération que lors des deux précédentes sessions du Conseil afin que nous puissions mener à bien toutes les tâches cruciales pendant cette importante session.

De même, je me suis efforcée au cours des mois écoulés de donner suite à la décision relative au Prix international UNESCO-Obiang Nguema Mbasogo pour la recherche en sciences de la vie, que nous avons prise lors de la dernière session, en accordant une attention particulière à la nécessité primordiale de continuer à rechercher le consensus et à respecter toutes les parties concernées. Comme convenu lors de la réunion du Bureau et comme j’en avais l’intention, j’aimerais vous faire savoir qu’immédiatement après la clôture de la dernière session, j’ai écrit au Président de la Guinée équatoriale pour l’informer de la décision que nous avions adoptée et lui indiquer que j’étais pleinement disposée à écouter ses observations et ses attentes à cet égard. J’ai reçu fin décembre 2010 un émissaire du Président et les discussions que j’ai eues avec lui m’ont donné à penser qu’existait véritablement une volonté de chercher une solution acceptable. D’autres discussions avec les autorités de Guinée équatoriale ont eu lieu sur place. J’ai reçu le mois dernier une réponse écrite du Président, qui m’a été remise par un autre émissaire présidentiel. Les contacts et consultations que j’ai eus me laissent espérer qu’avec le temps nous devrions être en mesure de trouver une solution conforme à la décision de la dernière session du Conseil, et je reste assurément déterminée à poursuivre mes efforts à cette fin.

Chers collègues,

Dans le contexte mondial actuel, marqué par une sensibilisation croissante à différents problèmes environnementaux, nous devons tous avoir à l’esprit la nécessité d’employer des méthodes de travail respectueuses de l’environnement qui permettent de réduire sensiblement la consommation de papier, et en particulier les coûts administratifs qu’elle représente pour notre Conseil exécutif. Depuis le début de mon mandat, j’entends tout mettre en Suvre pour progresser dans cette voie, raison pour laquelle j’ai lancé le projet pilote de réduction de la consommation de papier. Lors des sessions précédentes, le nécessaire a été fait pour qu’à compter de la session en cours, les membres du Conseil qui le souhaitent puissent participer à l’expérience consistant à remplacer les documents imprimés par une version électronique de ces mêmes documents accessible en ligne sur un site Web dédié facile à utiliser. On y retrouve tous les documents du Conseil classés par session, organe subsidiaire, séance et point de l’ordre du jour. Pendant la session, une assistance informatique sera disponible dans les salles X et XI lors de toutes les séances plénières et des réunions des Commissions : du Programme et des relations extérieures (PX) et Financière et administrative (FA). Ce processus, qui n’entraîne aucune augmentation du budget du Conseil, pourra naturellement être revu et, à cet égard, je vous suis par avance reconnaissante de bien vouloir me faire part de vos impressions et observations concernant cette initiative, ainsi que de toute idée susceptible de l’améliorer.

Je vous remercie de votre attention.